Encore du sexe…

Ce n’est pas tout simple de parler de sexe. Attention, j’ai bien dit sexe, pas cul, baise ou fornication. Non, non : sexe. Sexe, sexe, sexe ! Parlons sexe ! Enfin, justement, non, je n’en parle pas. Ou plutôt, je vous avoue qu’en la matière je suis forcé de confesser ma maladresse, mon emprunt, ma difficulté, pour ne pas dire mon bredouillage, mon balbutiement, mon bégaiement ridicule, qui prouvent de façon notoire mon incompétence en la matière et la difficulté de la chose..

Oui, je sais, je sais. Cet aveu pathétique revient à offrir aux ricaneurs, aux gros lourds et aux affranchis de bar-tabac l’occasion idéale pour m’abreuver de leurs vannes délicates et poétiques.

Et pourtant, je ne sais pas vous, mais moi, j’ai de la peine. D’abord à comprendre, et le premier qui me dit que lui il a tout compris est un menteur ! Ensuite : à expliquer. Car dans ce cas-là, on n’a que deux choix : soit on est incollable sur l’académique terminologie anatomique, soit on fait appel à tout les lexiques fuchsia et bleu pastels qui sentent bon les roses et les choux. Enfin, et là c’est terrible : à témoigner ! Au point que là, je ne trouve pas de mots pour étayer cette possibilité. Essayez, vous verrez !

Mais après tout à quoi bon ? C’est vrai, quoi ! Quel besoin a-t-on de parler de sexe, de l’expliquer et de témoigner ? Et d’autant plus à notre époque où tout est dit, écrit, montré, en podcast, en mp3 en youtube, en site, en réseau et sur les unes des journaux ?

Aujourd’hui, le sexe est en passe de devenir d’une banalité affadie. En son sein, seuls comptent les performances gymnastiques, le refus des limites et le traintrain d’une exploration que l’on entame avec la bêtise d’un collectionneur de bons points.

Du moins, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire. Car au-delà des fantasmes que l’on télécharge et des culs en papier glacé, une omerta s’installe peu à peu qui ne va pas tarder à se muer en tabou. Les tenants de la morale corsetée, issus de tous les coins du monde, gagnent du terrain, disent, commandent, interdisent et souvent aussi condamnent. Avec véhémence, avec brutalité, avec violence.

Alors quoi ? Que faire ? Reconnaître le bien-fondé de leurs réactions ? Les laisser partir en croisade ? Ne rien dire, se taire, se faire discret, c’est-à-dire cautionner, accepter, se soumettre ?

Ou alors se lever, crier notre désaccord, empoigner le verbe, le mégaphone, le gourdin et chasser les pères-la-pudeur des bastions qu’ils bâtissent au sein de nos sociétés, les chasser avec véhémence ? avec brutalité ? avec violence ?

Pas facile comme choix, du moins si nous n’avons pas d’autre alternative à la conviction sacrée qu’une sacrée conviction.

Et pourtant je vous en propose une. L’irrespect. Pour les pour et pour les contre. Pour les codes, les œillères et les diktats. Pour les modes d’emploi, pour les protocoles et pour les « qu’en-dira-t-on ». Pour toutes formes d’oppression et de normalisation d’où qu’elles viennent. Soyons irrespectueux pour tout ce qui empêche les femmes et les hommes de parler, d’échanger et surtout : de grandir ! C’est pourquoi à la suite du vieux sage, je dirai avec lui : « Plus les temps seront durs, plus notre rire sera fort ! ».

C’est ce que nous cherchons à faire à Pitoëff depuis quelques jours. Sur scène, trois femmes, Barbara, Christine et Rebecca, nous proposent pendant plus d’une heure de libérer une parole qui, si elle ne dit pas des choses vraies, nous laisse entendre comment sont vraiment les choses. Alors, avec elles : rions, chantons, hurlons, rêvons ! Et surtout, surtout, aimons ! Car, comme disait l’autre vieux sage : Dans ce monde de grisaille, il n’y a plus qu’une seule chose à faire, c’est d’aimer à tort et à travers !

Bonne santé à tous !

Miguel Fernandez-V.

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