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Autour de... "L'Habilleur"mercredi 29 novembre à l’issue de la représentationRencontre, discussion et échange avec notamment Oers Kisfaludy, Eric Eigenmann et Dominique Ziegler. |
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du 24 novembreau 17 décembre 2006L'habilleurde Ronald Harwood
par le Théâtre du Pont-Neuf
Mise en scène : Michel FavreAvec
: Georges Wod-Wodzicki, Christian Grégori, Pascale Vachoux,
Camille Giacobino, François Florey, Michel Favre, Pietro Musillo, Daniel
Vouillamoz, Chantal Kägi, Agnès SontheimCréation lumière : Jean-Michel CarratRégie : Michel DelebecqDécors : Valérie MargotCostumes : Chantal Kägi |
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En
ce temps-là, la télé n’existait pas. Ou peu.
Ou mal. En ce temps-là, la guerre déchirait le monde et
occupait les esprits. En ce temps-là, je n’étais
pas né. En ce temps-là, le théâtre
était encore un événement populaire. En
Angleterre, des troupes de théâtre arpentaient le pays et
jouaient dans le moindre village, dans la moindre salle, le
répertoire de Shakespeare. Ces missionnaires des tréteaux
allaient avec l’espoir affiché que le moral de la
population en serait élevé, et l’espoir secret
d’être reconnus comme les porte-étendard du
Poète. L’Habilleur est un hommage à ces
gens-là: nos prédécesseurs, nos
aînés. La pièce nous propose de suivre l’un
d’entre eux. Chef de troupe, monument vivant, gloire
incontestée, voix inoubliable, despote du verbe, capable
d’arrêter un train sur une seule injonction ; ce tyran est
toujours suivi de son habilleur, âme damnée,
éminence grise, bourreau et souffre douleur attitré. Nous
suivrons ce drôle de couple à la fois sur scène,
alors que la troupe joue Le Roi Lear pour la énième fois,
et en coulisses. Nous les verrons se révéler et se
déchirer, se bénir et se maudire, s’aimer et se
mépriser. Leur rapport, à la fois tendre et cruel,
ironique et candide, nous emportera dans un tourbillon
d’humanité acide. J’aime les acteurs. Qu’ils
soient hâbleurs, égocentriques, schizophrènes,
géniaux, mauvais, généreux, suicidaires,
fanfarons, touchants, délirants, grossiers, pertinents,
impertinents, venimeux, candides, révoltants, soporifiques,
virtuoses, poétiques, débutants, j’aime les
acteurs. Ils sont à l’image du monde. |